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Historique du dépôt de Montluçon du début du XIX siècle à nos jours

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Pourquoi un dépôt ferroviaire (et une rotonde !) à Montluçon ?

La construction du dépôt de Montluçon à débuté en 1862

 Au début du XIXème siècle, Montluçon voit son activité industrielle se développer à la suite de la présence de ressources minérales importantes ainsi que des gisements de houille à proximité de : Commentry, Chamblet, bassin de l'Aumance et Saint Eloy-les Mines. L’arrivée du chemin de fer depuis Moulins vers Commentry et Montluçon en décembre 1859 va concurrencer sévèrement le canal du Berry vers Bourges et Tours, avec en second lieu la construction de la ligne Bourges-Montluçon. Pas encore de dépôt à Montluçon, mais deux ans plus tard, la circulation a beaucoup augmenté suite au raccordement de la ville à Paris via Bourges, Vierzon et les Aubrais. Montluçon vient de devenir un nœud ferroviaire. Un dépôt est alors construit autour d’une rotonde permettant d’abriter 16 machines. L'implantation du dépôt est effective en 1880. La radiale Paris-Montluçon-Béziers via Eygurande croise la transversale Bordeaux-Lyon-Genève avec branche sur Commentry-Moulins-Strasbourg. Montluçon constitue le point de passage obligé depuis Paris par trains rapides et express pour Aurillac, le Mont-Dore, Ussel. Le nœud ferroviaire est devenu étoile et avant 1900 la Compagnie est obligée d’agrandir les installations, le nombre des locomotives en service ne cessant d’augmenter. En 1883, la gare représente le 3ème tonnage des gares de la Compagnie du P.O. Mais une autre raison explique l’implantation de ce dépôt à Montluçon : la ville se trouve au contact des régions relativement plates du Bassin parisien au nord et des zones bien plus accidentées du Massif Central dans les autres directions.

La rotonde et ses ponts tournants

La rotonde semi-circulaire permettant d’abriter 38 locomotives est alors desservie par trois ponts tournants de vingt quatre, quatorze et neuf mètres. Ces deux derniers seront remplacés en 1949 par un demi-pont secteur (sorte de pont tournant coupé en 2) de vingt trois mètres destiné à desservir le centre autorails. Il est placé à l’extrémité du pont restant, disposition unique en France – paraît il ! Un atelier complète l’ensemble. Un troisième pont tournant sera implanté en 1954 près des bureaux administratifs pour virer les 141R du dépôt de Vierzon en escale, mais il n’a jamais servi, les virages se faisant sur le pont de la rotonde.

Les machines

Du fait de son implantation géographique le dépôt de Montluçon comprend des machines de vitesse destinées à la circulation en plaine, et des plus lentes mais très puissantes pour les sections montagneuses. En 1872, on compte 60 machines de plaines et de montagnes. L’effectif atteint une centaine de machines en 1938, et même 120 de1939 à 1950.

Séries de machines attachées à Montluçon
* Série 4200 (230 G), série 1700, série 5000 (140-B), série 6000 (150 A)
* Série 1516 / 1565 (030), série 792 / 941 (030A), série 1114 / 1140 (040-B)
* Série 1021 / 1030 (030T).
Entre les deux guerres, Montluçon abritait quarante deux 5600 / 700 (141-TB).
En 1921, arrivent des Pacific 4500 (231 A Sud-ouest), chassées de la ligne Limoges-Brive par l'électrification.
En 1929, Montluçon compte 129 machines à ses effectifs.
En 1951, il y a 119 machines en pression.
En juin 1952, arrivée de 12 autorails types VH.

Les hommes

En juillet 1952 par exemple, Montluçon compte : 200 agents de conduite, 180 agents aux ateliers, 25 agents administratifs, 10 agents du magasin, 60 agents du service intérieur, 12 personnes de l'encadrement et direction, 37 apprentis. En 1967, il y avait 417 agents. En 2008 le dépôt est unité de production traction, rattaché à Clermont avec un chef d'UP, un CTT et 25 conducteurs.

Fin de l'activité

La crise de la sidérurgie dans le Centre et l’Allier intervient à la fin des années 50, les usines ferment une à une. L’exode rural n’arrange pas les choses pour les petites lignes, la crise du charbon fait fermer les mines de Noyant en 1940, Commentry en 1960, Saint Eloy fin 1977. L’activité diminue au fur et à mesure de la fermeture des lignes.
Si l'activité "vapeur" disparait en 1969, l'activité "autorails" perdure. Le centre autorail ferme ses portes en octobre 1970, transférant ses vingt X 2400 à Limoges. Montluçon devient dépôt-relais. Des 141 R de Vierzon viennent en escale (dont la 141 R 840) jusqu’en 1971.
Des fermetures de lignes font perdre la charge de travail au personnel de Montluçon
La rotonde du dépôt a été partiellement démolie en octobre 1975, entraînant une simplification du plan de voie et la suppression de 2 des 3 ponts ainsi que la destruction de l’estacade à charbon et des ateliers désaffectés.
En décembre 2010, fin de l’activité du dépôt. Le site est remis à disposition par le service de la Traction SNCF au propriétaire foncier interne SNCF : la D.T.I. (Direction Territoriale Immobilière).

Disparition de la rotonde et du pont tournant

Créée en décembre 2009, l’A.A.A.T.V. section Montluçon-Auvergne a pour objectif principal de préserver en état de fonctionnement, restaurer et mettre en valeur le site du dépôt ferroviaire historique de Montluçon, notamment sa rotonde et son pont tournant. Pour cela plusieurs projets pour valoriser au mieux le site, avec bien sûr un évènement ponctuel à fréquence annuelle : Le Festirail Montluçon, grande fête populaire autour du thème du chemin de fer.

Une nouvelle étape

Par un arrêté préfectoral du 3 février 2011, la rotonde ferroviaire de la gare de Montluçon avec son pont tournant, sa voie d'accès et la signalétique correspondante sont inscrits au titre des monuments historiques.

Date de dernière mise à jour : dimanche, 28 février 2016